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16.05.2008
Double jeu...
Dans les années trentes, avec les prémices de la démocratisation des universités, ces organisations se renforcent, organisent des évènements de diverses natures (fêtes étudiantes, rassemblements, caisses de solidarité). A tel point que l'UNEF est déclarée association d'utilité publique en 1929, par décret de la présidence du conseil des ministres.
Après la parenthèse de la seconde guerre mondiale, l'UNEF poursuit son développement dans les milieux estudiantins français, sur lesquels soufle un vent de démocratisation de l'université, dont l'accès est de moins en moins réservé aux élites. Jusque là, l'Unef ne s'engage guère en politique, si ce n'est qu'à l'échelle locale, où ses responsables composent avec les autorités universitaires en place. L'unef des années 1950 est donc bel et bien une association strictement neutre, d'un point de vue politique. Ce n'est que lorsqu'éclate la guerre d'Algérie que l'Unef se fait connaître par le public du fait de son opposition aux opérations militaires de "maintien de l'ordre".
Avec la démocratisation de masse du système universitaire français dans les années 1960, période durant laquelle naissent beaucoup de campus, l'UNEF se gauchise réellement, abandonnant sa neutralité, notament à la faveur des mouvements sociaux de mai 1968 et sous l'impulsion de Jacques Sauvageot, son président avec qui la CGT prendra ses distances. C'est de cette époque que datent ses liens avec le PSU de Michel Rocard, puis avec le PS d'après le congrès d'Epinay de 1971.
Au cours des années 1970, 1980, 1990, l'UNEF se divise comme un ovule après sa fécondation. On assiste à la naissance de l'UNEF-ID, de l'UNEF-AD etc...
Malgré l'évolution de l'université française, l'UNEF continue de défendre une université issue des années 1970, alors que furent décidées la régionalisation du moins financière de l'enseignement supérieur, et son adaptation au cadre européen, avec la mise en place de la réforme LMD en 2004. L'UNEF est d'une inefficacité totale : l'essentiel de son activité consiste à pondre des communiqués qui se veulent techniques et grandiloquents -genre les tribunes de DSK dans le Nouvel Obs que personne ne comprend jamais- ainsi que la récupération des mouvements étudiants.
L'UNEF avance masquée : tel Mickey que l'on nomme Topolino en Italie, elle se décline suivant les composantes : ainsi, en faculté de droit l'UNEF apparaîtra sous le nom de UNEF auquel reste attaché une certaine légitimité institutionnelle. Dans les facultés de sciences humaines, là il s'agira de sortir du cadre traditionnel. On choisira donc de présenter aux élections universitaires intitulée "Etudiant à gauche", "A gauche toute" etc...En bref, rares sont les fois où l'UNef montre sa vraie identitée. Ce phénomène est d'ailleurs amplifié par le fait que cette organisation est composée de majos et de minos qui sont des courants...comme au PS.
Tiens le PS. Les dirigeants du PS, Julien Dray en tête, voient en l'Unef une sorte de pépinière dédiée aux futurs apparatchiks. Les liens avec le PS et le MJS sont donc très clairement établis, comme le prouve l'élection de Bruno Jullaird à la municipalité de Paris.
Au niveau syndical, l'UNEF dénigre beaucoup, s'absente souvent et ne propose jamais. Leur seule revendication? Toujours plus! Mais quand à proposer des mesures de financement, il n'y plus personne. Ces gens que l'on retrouve au PS sont bien souvent imbus de leurs vérité et ne font jamais la part d'autocritique de leur travail.
D'autant plus que l'UNEF se plaint beaucoup, reprenant chaque année la même complainte que les gens du PS, du style du Grand Bourgeois qui gouverne Poitiers, du manque de logements sociaux. Ce qui est très vrai. Mais dites moi, quelles organisation a représenté et décidé pour les étudiants depuis des années? L'UNEF, qui est donc comptable des défaillances de ce système.
Même chose pour la LRU que l'UNEF avait signée à l'été 2007. Mais bizarement, l'UNEF soutînt les mouvement de novembre contre cette loi.
Cet article n'est qu'un petit aperçu du mal qu'a fait l'UNEF à nos universités.
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Commentaires
Pour étudier de prêt le mouvement associatif des débuts de la troisième République, il n'y a pas de "neutralité" politique, c'est un mythe total dans lequel beaucoup se complaise. Dès 1870-80 il y a une AGE (gauche) et différentes assoc plus ou moins lié en fédé (droite), tout en continuité.
Après ton analyse de l'UNEF... heureusement qu'il y a des historiens...
Ecrit par : julien T | 26.05.2008
J'ai seulement voulu dire que il n'y avait pas de syndicats revendicatifs à l'époque, comme aujourd'hui.
De plus évoquer l'organisation du monde -microcosmique-étudiant de l'époque en reprenant les notions gauche et droite me paraît peu pertinent, du fait que les enjeux de l'époque différaient de ceux de maintenant : n'oublions pas que Jules Ferry, que l'on pourrait classer à gauche était également un effroyable antisémite prônant la colonisation pour éduquer les sauvages....
D'autant plus que dans cet article, je ne parle pas les débuts des organisations étudiantes, je commence aux années 1950, période durant laquelle l'UNEF était plus présente sous forme de corporations (droit, Sciences...) que sous forme de syndicats!
Même si il y avait au sein de cette UNEF des gens politiquement engagés à gauche, comme à droite et qu'il existait des structures communistes ainsi que socialistes indépendantes.
Quand à mon analyse sur l'UNEF, je ne vois pas ce qu'un historien vient faire là dedans, vu que c'est contemporain et que c'est malheuresement la vérité.
Par contre je connais bien ce réflexe socialiste qui consiste à faire de l'intellectualisme forcené et méprisant en assénant "Les historiens jugeront!" chaque fois que quelque chose foire! Cela dénote un certains mépris pour les citoyens, qui peuvent aussi penser et lire par eux-même pour se faire une opinion sérieuse sur tel ou tel sujet!
Ecrit par : Johan | 26.05.2008
c'est la ou tu te trompes, l'historien ne juge pas... pour le reste j'ai pas le temps de m'étaler sur le caractère gauche droite des cercles étudiants des débuts de la troisième république mais tu fais un anachronisme sur le caractère politique de Ferry...regarder le passé avec son regard de contemporain amène souvent à cela.
Ecrit par : julien T | 26.05.2008
C'est vrai que souvent on juge avec notre regards d'aujourd'hui, mais àl'époque des personnalités reconnues comme Clémenceau dénonçaient déjà et sans ambigüté les projets colonialistes de Ferry, les considérant comme une atteinte aux droits de l'homme. Certes, ces avis n'étaient pas très répandus, mais ils existaient...
« Voilà, en propres termes, la thèse de M. Ferry et l'on voit le gouvernement français exerçant son droit sur les races inférieures en allant guerroyer contre elles et les convertissant de force aux bienfaits de la civilisation. Races supérieures ! Races inférieures ! C'est bientôt dit. Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande, parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. Depuis ce temps, je l'avoue, j'y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme ou civilisation inférieure ! (...)
C'est le génie de la race française que d'avoir généralisé la théorie du droit et de la justice, d'avoir compris que le problème de la civilisation était d'éliminer la violence des rapports des hommes entre eux dans une même société et de tendre à éliminer la violence, pour un avenir que nous ne connaissons pas, des rapports des nations entre elles. (...) Regardez l'histoire de la conquête de ces peuples que vous dites barbares et vous y verrez la violence, tous les crimes déchaînés, l'oppression, le sang coulant à flots, le faible opprimé, tyrannisé par le vainqueur ! Voilà l'histoire de votre civilisation ! (...) Combien de crimes atroces, effroyables ont été commis au nom de la justice et de la civilisation. Je ne dis rien des vices que l'Européen apporte avec lui : de l'alcool, de l'opium qu'il répand, qu'il impose s'il lui plaît. Et c'est un pareil système que vous essayez de justifier en France dans la patrie des droits de l'Homme !
Je ne comprends pas que nous n'ayons pas été unanimes ici à nous lever d'un seul bond pour protester violemment contre vos paroles. Non, il n'y a pas de droit des nations dites supérieures contre les nations inférieures. Il y a la lutte pour la vie qui est une nécessité fatale, qu'à mesure que nous nous élevons dans la civilisation nous devons contenir dans les limites de la justice et du droit. Mais n'essayons pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation. Ne parlons pas de droit, de devoir. La conquête que vous préconisez, c'est l'abus pur et simple de la force que donne la civilisation scientifique sur les civilisations rudimentaires pour s'approprier l'homme, le torturer, en extraire toute la force qui est en lui au profit du prétendu civilisateur. Ce n'est pas le droit, c'en est la négation. Parler à ce propos de civilisation, c'est joindre à la violence l'hypocrisie. »
Ecrit par : Johan | 26.05.2008
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