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17.04.2008

On exporte la méthode socialiste française!

1220981754.jpgPour une fois que c'est nous qui sommes en avance! En effet, lorsque l'on suit un petit peu le déroulement des primaires américaines, on constate que le parti démocrate copie sur la campagne interne du PS français qui a eu lieu à l'automne 2006, entre Laurent Fabius, Dominique Strauss-Khan, et Ségolène Royal.

Rappellez-vous ces grands moments de la campagne interne socialiste française. Coups bas, vidéos filmées en catimini et diffusées sur Dailymotion, commentaires machistes à souhait "Mais qui va garder les enfants?", "Elle ferait mieux de relire ses fiches de cuisines." et autres compliments proférés par les Mélenchons et Allègres. Puis vînt le temps des débats entre les trois candidats à la candidature, sensés mettre en évidence le ringardisme des uns et l'incompétence sur les questions de politique étrangère et économique de l'autre.

Evidement, après tout cela, lorsqu'en tant que militant vous avez appartenu à l'une des deux écuries perdantes-Strauss-Khan ou Fabius-, il est difficille de faire campagne pour celle que vous avez combattu en interne. Qui plus est, les citoyens d'un pays n'aiment guère voir les barons de partis s'entre-déchirer alors qu'eux attendent des réponses politiques à leurs aspirations...Il ne faut donc pas s'étonner par la suite que votre parti soit discrédité aux yeux des électeurs, surtout quand les attaques internes perdurent et que votre adversaire est aux commandes d'une machine de conquête qu'il a commencé à monter le 6 mai 2002 au soir. Voilà une des raisons essentielle de la défaite de la candidate socialiste.

Et pourtant le contexte était favorable : un président sortant qui avait peu fait au plan intérieur, un ministre de l'intérieur-candidat controversé, l'affaire Clearstream...

1427459440.jpgEt bien en ce moment, il se passe la même chose aux Etats-Unis. Dans le cadre des primaires qui conduisent à désigner un candidat à l'élection présidentielle de novembre prochain, deux candidats démocrates s'affrontent. Violement. Tout est bon pour discréditer l'autre : attaques sur la vie privée, controverse sur des propos tenus par le pasteur de Barack Obama, accusation de racisme à l'encontre de Clinton, tandis qu'Obama lui rétorque qu'elle n'est "qu'une avocate d'affaires siégeant au conseil d'administration de Wal-Mart" (Chaîne de supermarché réputée pour faire peu de cas du droit du travail)

Vraiment ça passionne. D'ailleurs le guitariste de Pink Floyd a son avis sur la question!

Tout ça est éminement sympathique, mais pendant ce temps, le candidat républicain, John McCain fait son bonhomme de chemin. Ayant éliminé rapidement ses concurrents dès le début de la primaire républicaine, celui-ci en est déjà à faire campagne pour de bon, et à vendre son programme présidentiel. Ce vétéran du Vietnam peut-même se payer le luxe de prendre contact en personne avec les dirigeants des principales puissances alliées des Etats-Unis. C'est ainsi qu'on l'a aperçut il y a quelques jours sur le perron de l'Elysée ou avec Gordon Brown, Premier ministre britannique.

En fait la stratégie de Mac Cain est fondée sur la théorie suivante : Sarkozy a réussi à se faire élire en France alors qu'il était ministre de Chirac, président sévèrement critiqué pour son inaction. Mais le succès fut au rendez-vous, car Nicolas Sarkozy s'est toujours démarqué de Chirac, ne se privant pas de le critiquer, tout en misant sur des querelles internes chez l'adversaire. Quand à moi, John Mc Cain, je suis le candidat du parti de G.W Bush, qui lui aussi est impopulaire dans les sondages. Si j'emploi la recette Sarkozy et que les démocrates se divisent et perdent des voix, alors tout devient possible!

Et cela pourrait bien marcher car Hillary est handicapée par son statut de faire-valoir de Bill, arrogante, tandis qu'Obama a tendance à apparaître comme peu rassembleur pour le peuple américain. Et dire qu'à l'été la victoire du (de la) candidat(e) démocrate semblait être assurée face au candidat républicain handicapé par le bilan négatif de G.W Bush...

Il peut y avoir des surprises. 

Commentaires

Bilan négatif ? Pas tant que cela. Le taux d'approbation de Bush est nettement plus elevé que celui de la majorité démocrate au Congrès. L'Irak n'intéresse pas trop les électeurs et de toutes façons, le succès du Surge du Général Patreüs a fait taire les critiques démocrates.

McCain a su unir son camp. Il sait aussi que chez les Dems, plus de 25% des supporters des deux candidats ne votera pas pour l'autre si leur favori perd !!

En clair, si Hillary passe , 75% seulement des supporters d'Obama voteront pour elle en novembre.

Quelque chose me dit que la Maison Blanche peut rester Républicaine.

Ecrit par : Davidmartin | 21.04.2008

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